BISHOPTENUELa tenue du clergé

Le clergé chrétien ne s'est pas habillé différemment des gens du commun jusqu'à la venue de Constantin. (24)

Contrairement à l'opinion populaire, le costume du clergé (« vêtements de cérémonie ecclésiastiques » de la tradition de la haute église) ne tire pas son origine de la toge sacerdotale de l'Ancien Testament mais plutôt dans la toge séculaire du monde Greco-Romain. (25)

Clément d'Alexandrie (150-215) tenait au fait que le clergé devait porter de meilleurs vêtements que les laïcs. (Pendant cette période, la liturgie d'église était considérée comme un événement formel.) Clément soutenait que les vêtements du ministre devaient être « simples » et « blancs ». (26)

Le blanc a été la couleur du clergé pendant des siècles. Cette coutume semble avoir été empruntée au philosophe païen Platon qui a écrit que le « blanc était la couleur des dieux ». À cet égard, Clément et Tertullien (160-225) estimaient que les couleurs teintes déplaisaient au Seigneur. (27)

Avec l'avènement de Constantin, les distinctions entre l'évêque, le prêtre, et le diacre s'enracinèrent. (28)Quand Constantin déplaca sa cour à Byzance et la renomma Constantinople en A.D. 330, la toge romaine officielle a été graduellement adoptée par les prêtres et les diacres. (29) Le clergé était dorénavant identifié en portant la tenue des fonctionnaires séculaires. (30)

Après les conquêtes germaniques de l'empire romain à partir du quatrième siècle, les modes de la toge séculaire changèrent. Les vêtements débordants des Romains donnèrent lieu aux tuniques courtes des Goths. Mais le clergé, souhaitant rester distinct des laïcs, a continué à porter les costumes romains démodés et archaïques ! (31)

Le clergé a porté ces vêtements périmés pour l'office d'après le modèle du rituel de la cour séculaire.(32) Quand les laïques ont adopté le nouveau modèle de toge, le clergé a cru qu'une telle toge était « mondaine » et « barbare ». Ils ont maintenu ce qu'ils considéraient comme toge « civilisée » qui est devenu le costume clérical. (33) Cette pratique a été soutenue par les théologiens contemporains. Par exemple, Jérôme (347-420) soutenait que le clergé ne devait jamais entrer dans le sanctuaire portant un vêtement journalier. (34)

À partir du cinquième siècle, les évêques ont porté le pourpre. (35) Aux sixièmes et septièmes siècles, la tenue de clergé est devenue plus raffinée et coûteuse. (36) Au Moyen Âge, leur habillement a pris des significations mystiques et symboliques. (37) Des vêtements de cérémonie spéciaux ont été créés vers les sixièmes et septièmes siècles. De là nous vient la coutume de maintenir un ensemble spécial de vêtements dans la sacristie pour mettre par-dessus les vêtements journaliers. (38)

Durant les septième et huitième siècles, les vêtements de cérémonie ont été reconnus en tant qu'objets sacrés hérités des toges longues des prêtres Levitiques de l'Ancien Testament. (39) (Une rationalisation pour justifier la pratique.) Vers le 12ième siècle, le clergé a commencé à porter les vêtements journaliers qui les distinguaient du peuple. (40)PSTPROSTEST


Ce que la Réforme a changé

Pendant la Réforme, la coupure avec la tradition et les vêtements cléricaux fut lente et progressive. (41)Au lieu des vêtements de clergé, les réformateurs ont adopté la toge noire du docteur. (42) On la connaissait également sous le nom de « manteau du philosophe » car elle était utilisée par les philosophes aux quatrièmes et cinquièmes siècles. (43) Si répandue était la nouvelle tenue séculaire que la toge noire du docteur est devenue le vêtement du pasteur protestant. (44)

Le pasteur luthérien portait sa longue toge noire dans les rues. Il portait également une « collerette » autour de son cou qui s'agrandissait avec le temps. Il s'est tellement agrandie que vers le 17ième siècle on lui donna le nom de « la fraise à meule ». (45) (la fraise est encore portée dans quelques églises luthériennes aujourd'hui.)

Ce qui est intéressant, cependant, est que les réformateurs conservaient toujours les vêtements cléricaux. Le pasteur protestant les portait quand il administrait le Repas du Seigneur. (46) C'est toujours le cas aujourd'hui dans la plupart des dénominations protestantes. Le pasteur met sa toge cléricale quand il lève le pain et la coupe. À ce moment, il se montre pour ce qu'il est vraiment : Un prêtre catholique reformé !

Néanmoins, la tenue du pasteur reformé symbolise l'autorité spirituelle. Mettre la toge noire montrait la puissance spirituelle du ministre. (47) Cette tendance a continué tout au long des 17ièmes et 18ièmes siècles. Les pasteurs ont toujours porté l'habillement foncé, de préférence noir. (C'était la couleur traditionnelle pour des avocats et des docteurs pendant le 16ième siècle. C'était la couleur des « professionnels ».)

Le noir est devenu la couleur de tous les ministres dans toutes les branches de l'église. (48) La toge noire du docteur s'est par la suite transformée en « redingote » des années 40. La redingote plus tard a été remplacée par le « costume » noir ou gris du XXième siècle. (49)

Au début du XIXième siècle, tous les ecclésiastiques portaient le collet blanc avec une cravate. En fait, on considérait fortement inapproprié qu'un ecclésiastique paraisse sans cravate. (50) Le bas clergé d'église (baptistes, Pentecôtistes, etc.) portait le collet et la cravate. Le clergé de haute église (Anglicans, épiscopaliens, Luthériens, etc.) adopta le collet clérical — souvent appelé le « collet de chien ». (51)

L'origine du collet clérical remonte à 1865. Ce n'était pas une invention catholique comme on le croit populairement. Il a été inventé par les Anglicans. (52) Les prêtres aux XVIIIième et XIXième siècles ont traditionnellement porté des soutanes noires (robes de longueur jusqu'au plancher avec les collets qui montaient directement vers le haut) par-dessus un vêtement blanc (parfois appelé aube).

Autrement dit, ils portaient un collet noir avec le blanc au milieu. Le collet clérical était simplement une version démontable de ce collet. Il a été inventé de sorte que les prêtres, Anglicans et catholiques, pouvaient le glisser par-dessus leurs vêtements de rue et être reconnus en tant que « hommes de Dieu » dans n'importe quel endroit !

Aujourd'hui, c'est le costume foncé avec une cravate qui est le costume clérical de la plupart des pasteurs protestants. Beaucoup de pasteurs ne seraient pas vus sans lui ! Il est souvent porté quand le pasteur apparaît aux événements publics non-religieux. Quelques pasteurs protestants portent aussi le collet de clergé au cas où les gens oublieraient qu'ils sont « un homme de Dieu ».BISHOP_TENUE


Les costumes cléricaux sont-ils pernicieux ?

Un clergé costumé est un affront aux principes spirituels qui régissent la maison de Dieu. Il frappe au coeur de l'église en séparant le peuple de Dieu en deux classes : « Professionnel » et « non professionnel ».

Tout comme « l'habit du dimanche » pour l'église, le costume, que ce soit les vêtements de cérémonie raffinés du ministre de « haute église » ou le costume foncé des pasteurs évangéliques, sont enracinés dans la culture mondaine. La tenue distinctive du clergé remonte au quatrième siècle, quand les ecclésiastiques ont adopté la toge des fonctionnaires séculaires romains.

Le Seigneur Jésus et ses disciples n'ont porté aucun habillement particulier pour impressionner Dieu ou pour se distinguer du peuple de Dieu. (53) La tenue particulière à des fins religieuses était caractéristique des Scribes et des Pharisiens. (54) Et ni le Scribe ou le Pharisien ne pouvait échapper au regard pénétrant du Seigneur quand il a dit, « Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques ; qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins ; » (55)

« Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s'appuyant sur la tradition des hommes, sur les principes élémentaires du monde, et non sur Christ. »
Paul de Tarse (Colossiens 2:8)
JEAN LEDUC